Ils ont gagné le BOM – Philippe Stern

Pendant 20 ans, le Bol d’Or fut, pour moi, une passion, une recherche permanente d’amélioration des bateaux, un entraînement constant pour essayer d’atteindre la perfection dans la manœuvre de l’équipage et un long apprentissage pour mieux connaître tous les pièges qu’offre le lac. Ces efforts furent récompensés par 7 victoires du Bol d’Or.

© Armando Rotoletti

© Armando Rotoletti

Ma première victoire en 1977 en Toucan restera un souvenir mémorable. En effet, dans le groupe de tête après avoir dépassé Evian, le ciel s’est assombri et brusquement un coup violent de Vaudaire s’est abattu sur nous. Vents tourniquants, pluie, grêle, nuit, j’avais de la peine à voir l’étrave du bateau. Heureusement, un ami à bord avait relevé à la boussole le cap du Bouveret et dans cet enfer me dirigeait avec un signe de la main. Comme c’est souvent le cas après quelques dizaines de minutes, l’orage disparut aussi rapidement qu’il était venu. Un grand calme, une bonne visibilité étaient de retour. Nous nous trouvions seuls côté français au large de Meillerie. Toute la flotte avait été emportée du côté de Montreux. Nous sommes passés au Bouveret avec une bonne avance que nous avons préservée jusqu’à l’arrivée.

Après cette première victoire, j’ai participé à l’avènement des multicoques (ces « vilaines araignées du lac », comme on les appelait à l’époque). Ce fut une expérience passionnante car nous partions dans l’inconnu. L’apprentissage fut long et pénible (casse de matériel, chavirage etc.) et exigeait une nouvelle façon de naviguer et ceci surtout avec l’arrivée du Gennaker qui nous a permis de naviguer au vent arrière avec le vent apparent qui venait de l’avant.

Mes deux premiers trimarans étaient en bois ! Les suivants étaient des catamarans en matériau composite qui nous firent faire un bon en avant quant à la vitesse et à la fiabilité.

Mon plus mauvais souvenir est en 1991, alors que nous naviguions avec le premier catamaran à aile sur le lac, nous fûmes pris dans un très violent coup de Bornan avec vents tourniquants, pluie, nuit et aucun moyen de baisser la toile. Nous avons neutralisé l’aile, ce qui nous faisait reculer à la vitesse de 4.5 nœuds. Soudain, une rafale latérale nous a frappés et nous a complètement retournés comme une crêpe, l’aile a explosé en mille morceaux.

Malgré cette expérience douloureuse, nous avons persévéré et après avoir équipé le bateau d’un mât traditionnel, nous avons, en 1992, gagné le Bol d’Or pour la 7ème et dernière fois.

Philippe Stern

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